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Accompagner celles et ceux qui vont changer le monde...

... Et les questions que cela pose !


Ce printemps, j'ai découvert un nouveau monde ! Celui des femmes et des hommes qui travaillent à l'Agronaute, ferme urbaine implantée dans l'ancien MIN de Nantes. Un monde où les transitions sont déclinées à toutes les sauces :

"La transition d'un système agricole en crise vers celui que nous devons réinventer ensemble. La transition d'une ville minérale vers une ville comestible. La transition entre une société écolocide et une société écologique." (cf site de l'Agronaute)


L'Agronaute abrite des associations et collectifs qui œuvrent à transformer notre monde et nos villes pour qu'elles deviennent plus vivables, plus durables, plus justes et solidaires. Il forme un genre d'écosystème autour de l'agriculture et de l'alimentation avec, par exemple, des acteurs comme le Labo Diva et les Landes fertiles qui expérimentent justement une nouvelle manière de faire l'agriculture, de reconnaitre le métier de l'agriculteur et de créer un nouveau lien entre la fourche et la fourchette (pour citer Nantes Ville Comestible).


Si j'ai découvert ces lieux, c'est grâce à un accompagnement réalisé auprès de Nantes Ville Comestible (NVC), petite association logée à l'Agronaute qui promeut l'agriculture urbaine pour favoriser une alimentation saine et produite durablement en ville. L'association a touché un financement lui permettant d'avancer sur la mise en place de la Maison de l'agriculture urbaine et de l'alimentation (MAUA) et souhaitait être appuyée pour (re)démarrer ce projet ambitieux de manière collaborative et partagée.


NVC, et l'ensemble des acteurs de cet écosystème, sont primordiaux pour provoquer un réel changement de société me semble-t-il. Ce sont des précurseurs qui s'autorisent à tester l'inconnu, ce sont des créateurs de réflexes qui, dans quelques années, seront devenus la norme (espérons-le) pour préserver notre planète et ses habitants. Ce sont les pionniers de nouvelles manières de faire qui sortent des sentiers battus, ce sont parfois les fous-furieux qui imaginent des chemins que nous autres ne soupçonnons même pas... Hors carcan institutionnel et normatif, ils testent en toute liberté pour construire demain ! Ce sont les bougeurs de lignes !


Et pourtant... la situation de précarité dans laquelle la majorité de ces organisations se trouve est profonde et structurelle.

Beaucoup ne peuvent pas avoir de vision à moyen/long terme car elles ne savent pas d'où vont venir les fonds pour assurer la suite. Beaucoup passent une grande partie de leur temps à chercher des subventions, les éloignant ainsi de leur combat et leur cœur de métier. D'autres ne trouvent pas les fonds nécessaires et se résignent à fermer, malgré les nombreux emplois crées (des nouvelles de la Tricyclerie ICI). D'autres encore embauchent avec des tout petits salaires, des temps de travail très réduits en décalage avec l'importance des enjeux et les salariés (et administrateurs) frôlent le burn-out...

De ce que j'ai pu observer, toutes ces organisations semblent indispensables pour induire les premiers changements dans notre société, mais beaucoup sont à contre-courant car hors normes et courent ainsi le risque de s'épuiser ou de disparaitre...


La seule vraie question que je me suis posée en rencontrant ce monde inspirant, généreux, courageux et ultra-compétent, est de savoir pourquoi ces pionniers de l'avenir ne sont pas plus soutenus, financièrement et politiquement ?


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